D’après Shakespeare

2 SPECTACLES + 2 RENCONTRES

Comprendre le terreau d’hier, faire résonner une œuvre aujourd’hui

Shakespeare, qu’à t-il encore à nous dire? Nous vous invitons à venir découvrir deux adaptions, deux créations inspirées des célèbres textes de Shakespeare: Othello et La Reine Lear. Deux textes anciens vivant encore aujourd’hui et repris cette saison par trois artistes contemporains

de la scène belge qui posent des thématiques universelles au présent et au cœur de leur propos: Aurore Fattier, metteure en scène d’Othello, Christophe Sermet, metteur en scène de La Reine Lear, Tom Lanoye, auteur de La Reine Lear, d’après Le Roi Lear de Shakespeare. Dans le cadre de ce parcours, nous mettons en place pour vos élèves des rencontres avec les différentes équipes artistiques.

 

Othello

OTHELLO © ESPN · OJ Made in America. Tous droits réservés

© ESPN · OJ Made in America

 

Quand Shakespeare créait sa tragédie sur le destin dramatique du Maure de Venise, on ne s’imaginait pas que quatre siècles plus tard le récit garderait encore toute sa fraîcheur. Il suffisait pour cela d’un cocktail fait d’érotisme, de jalousie, d’amour défendu, de complots et de meurtre passionnel. Mais Othello va encore plus loin que tout cela, car c’est bien du regard de l’étranger qu’il s’agit. Cet autre qui ne nous ressemble pas, même s’il parle comme nous, rit comme nous, et aime comme nous. Celle qui l’aime c’est l’une des nôtres, elle le trouve beau, son cœur, ses baisers et sa chair, c’est à lui qu’elle les donne. Et cela dérange.

Entre les mains d’Aurore Fattier, c’est une pièce revisitée qui se dévoile sur scène. Othello s’actualise, et les distances se réduisent, car cette peau foncée face à nos yeux, on la connaît, c’est celle d’un ami, d’un frère, d’un amant qui vient de quelque part, un peu comme nous tous. La metteuse en scène élargit la question de l’identité telle qu’elle fut mise en tragédie par Shakespeare en 1604, une mise à jour sur fond de radicalisation qui prend doucement nos contemporains par la peur de l’étranger.

Après “Élisabeth II” de Thomas Bernhard et “Bug”, Aurore Fattier se lance dans un thème qui ne lui est pas insensible. Née à Haïti, elle vit dans les faubourgs de Port-au- Prince où elle est bercée par deux cultures: “J’ai parlé créole en même temps que français. À mes anniversaires, les enfants jouaient des vaccines et tambours. Ma nourrice m’a portée sur son dos emballée dans un tissu pendant qu’elle cuisait le linge dans de grandes marmites.”

À son départ à l’âge de sept ans, c’est une blanche née parmi les noirs qui laisse du sien, odeurs, sonorités, caresses de la mer des Caraïbes et de l’Atlantique: “La mer était divine. J’ai parfois l’impression que ce temps et ce pays paradisiaque n’ont pas existé et que je me suis inventée une enfance. J’étais la petite blanche aimée au pays des noirs.”

Quand Aurore Fattier rencontre Othello, c’est le parcours d’un personnage de Shakespeare qui rejoint, par certains côtés, l’histoire de la metteuse en scène: “Othello est ce noir seul au pays des blancs.” Ce noir qui doit justifier un amour interdit à l’étranger, et prouver qu’il a aussi le droit d’être aimé d’une femme blanche: “Othello est mon frère, mon ami.”

Mise en scène: Aurore Fattier
Avec: William Nadylan, Nazim Boudjenah (de la Comédie-Française), Nancy N’kusy, Fabien Magry, Dany La Ferrière de l’Académie-Française
Musique Live et composition: Manuel Roland
Scénographie: Sabine Theunissen
Production: Théâtre de Liège
Coproduction: Solarium Asbl, Grand Théâtre du Luxembourg, Théâtre de Namur, Le manège Mons, Théâtre des Célestins, Théâtre du Gymnase à Marseille, Théâtre National de Toulouse.

 

La Reine Lear

La Reine Lear ph Lara Gasparotto

Photo : Lara Gasparotto

 

Six ans après l’énorme succès de Mamma Medea, Tom Lanoye et Christophe Sermet, tous deux experts en réécriture décapante des classiques, se retrouvent pour s’attaquer au puissant Lear. Ici, le vieux roi est devenu une reine d’aujourd’hui, à la tête, non pas d’un Royaume, mais d’un empire financier multinational.

L’intrigue se concentre sur les trois fils :deux incapables assaillis par la concurrence et les mauvais conseils, et leur frère, Cornald, alias Cordelia, exilé dans un pays du tiers-monde pour y développer le concept de microcrédit. De retour au pays où se déchaîne une double tempête financière et climatique, il sera à son heure la victime sacrificielle de ce conflit économique et familial, précipité du haut de la tour de verre qui sert de siège au clan.

Un décor urbain, au cœur d’un quartier d’affaires, évoquera une sorte de lande digitale mondialisée, envahie par les images et les écrans, et dont l’ascenseur sera la principale artère de vie et de communication.

Traduction: Alain Van Crugten
Mise en scène: Christophe Sermet.
Avec: Anne Benoît, Claire Bodson, Yannick Renier, Philipe Jeusette, Bruno Lacopo… (en cours)
Scénographie et lumière: Simon Siegmann
Assistante à la mise en scène: TBC
Créateur son: Max Bodson
Créateur vidéo: Kurt D’Haeseleer
Création costumes: Diane Foudrigner

Une production du Théâtre National Wallonie- Bruxelles. Construction décors et costumes: Ateliers du Théâtre National Wallonie-Bruxelles.
Une coproduction du Théâtre de Namur / Centre dramatique et du festival Printemps des Comédiens.

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Pour chaque spectacle :

1. ANIMATION EN AMONT AVEC NOTRE ÉQUIPE DE MÉDIATION DANS VOTRE CLASSE :
LES SEMAINES PRÉCÉDANT LES SPECTACLES

2. RENCONTRE AVEC L’ÉQUIPE ARTISTIQUE DU SPECTACLE :
AVANT LES REPRÉSENTATIONS

3. REPRÉSENTATIONS
D’OTHELLO :

→ MERCREDI 10.10 – 20:30
→ JEUDI 11.10 – 20:30

DE LA REINE LEAR :

→ JEUDI 24.01 – 20:30

 

PUBLIC 5/6e
PRIX 14€/élève

Plus d’infos et réservation pour les séances publiques. 

10 Oct → 24 Jan 2019

Lieu: Théâtre de Namur

Public: Ecoles