« J’embrasse le dernier rayon » où l’espace se dilate et le corps se fait mental

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27 janvier 2020
Temps de lecture + vidéo : 5 minutes

En toute fin d’été passé, les Bruxelloises Anaïs Caillat, Clelia Petrantò et Adèle Pion prenaient leurs quartiers durant un mois dans la « zone ateliers » des Abattoirs de Bomel afin de poursuivre leur travail entamé sur « J’embrasse le dernier rayon », une création à mi-chemin entre théâtre et performance dansée, avec le cosmos comme moteur de développement de tout un imaginaire…

 

dernierrayon_1Capture d’écran vidéo © Sylvain Dufayard

 

A l’écriture, on retrouve Anaïs Caillat, comédienne et danseuse dont le champ de recherche artistique mêlant textes, images, corps et voix puise sa source dans une nécessité de plonger dans l’inconnu comme autant d’occasions de se frotter à une série de questionnements et de sensations. Le tout attendant de trouver une forme artistique plutôt que de trouver une réponse scientifique. « L’inconnu comme source de divagations » pour reprendre les mots de l’auteure.

 

AnaisCaillat_650pxAnaïs Caillat par Sylvain Dufayard

 

Telle une chercheuse explorant les frontières d’un territoire infini, Anaïs Caillat aura ingéré et digéré une quantité considérable d’informations tant scientifiques qu’énigmatiques dans des revues spécialisées, dans les méandres des internets ou lors de rencontres.

 

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Illustration © Adèle Pion

 

Une fois sa représentation du cosmos et son imaginaire suffisamment nourris à son goût – et sans pour autant voir ses questionnements s’envoler – Anaïs Caillat s’est attelée à l’écriture d’un texte pensé pour la scène qui sera forgé, encore et encore, au fur et à mesure des moments de répétitions.

 

« J’ai engrangé à ce jour bien plus de sensations
que de connaissances concernant l’espace »

« La peau me contient. L’espace autour, je le convoque parfois.
Et tout mon corps se dilate »

« Dans la conscience de l’immensité autour,
je gagne en moi un temps de silence »


Au contraire de la littérature ou de la poésie, l’écriture pour la scène est synonyme d’un passage de flambeau à des interprètes dont la subjectivité respective aura l’effet d’une somme de valeurs ajoutées intimement liées à ce qu’ils sont. Vous savez, 1 + 1 = 3.
Ce texte, source d’inspiration pour la forme artistique à en devenir,
Anaïs Caillat en partage la teneur avec Clelia Petrantò et Adèle Pion. Toutes trois travaillant déjà ensemble l’improvisation dansée depuis une dizaine d’années.

 

CleliaPetranto_650pxClelia Petrantò par Sylvain Dufayard

Clelia Petrant, diplômée en anthropologie, passionnée par l’être humain dans son rapport au monde, s’intéresse au pouvoir transformateur de l’art qu’elle explore dans sa pratique de danseuse.

 

AdelePion_650pxAdèle Pion par Sylvain Dufayard

Adèle Pion quant à elle est une artiste en mouvement. Elle voyage entre danse et arts plastiques avec un intérêt marqué pour l’illustration, la peinture, la sculpture et l’installation de compositions dans l’espace.

 

L’exploration reprend ainsi de plus belle, cette fois à plusieurs têtes et à plusieurs corps, démultipliant ainsi les pistes qui s’offrent à elles. La matière texte va alors opérer une transformation tangible et singulière dépourvue de tout décors si ce n’est l’espace dénudé, plongé dans le noir qui l’accueille.

 

dernierrayon_2Capture d’écran vidéo © Sylvain Dufayard

 

Dans « J’embrasse le dernier rayon », Clélia Petrantò, Adèle Pion et Anaïs Caillat font surgir un objet sensoriel, empreint de rêverie et dont le jeu des corps, des lumières ainsi que l’atmosphère sonore sourde confèrent à l’extrait que vous allez découvrir une part de mysticisme lynchéen. Le corps sort de l’exclusivité du physique pour devenir mental.

Toute vue troublée, laissez vous happer par ce teaser filmé et réalisé lors de la résidence aux Abattoirs de Bomel par Sylvain Dufayard.

 

 

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Texte : Jean-François Flamey / CCNamur
Sources : Anaïs Caillat
Images : photos et captures d’écran de Sylvain Dufayard, dessin Adèle Pion