« Homelands, places of belonging », qu’est-ce que se sentir chez soi ?

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Mardi 19 avril 2022

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Anvers, Bruxelles, Louvain et Namur ; depuis 2018, le projet « Homelands, places of belonging » (Patries, lieux d’appartenance) favorise l’inclusion sociale à travers un processus de co-création mêlant des citoyens, un artiste primo-arrivant et un opérateur culturel, instaurant par là même un dialogue durable grâce à un des leviers le plus puissant de chaque culture : l’art !

Babacar Diop, 36 ans, est originaire du Sénégal. S’il a fait partie de l’orchestre national de son pays qui accompagnait les équipes sportives lors de compétitions en Afrique, il réside actuellement au centre d’accueil de la Croix Rouge « Le Bocq » à Yvoir. Durant plusieurs mois, il a animé des ateliers de percussion et d’expression vocale pour une dizaine d’enfants à la Maison de quartier du Petit Ry à Jambes. L’équipe de « Homelands » l’avait préalablement mis en relation avec notre centre culturel. Ni Babacar, ni nos collègues Mélanie Delva et Mathieu Quertinmont – en charge de la médiation avec les publics – n’imaginaient une seule seconde l’incroyable aventure humaine qui allait suivre.

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Babacar, dit Bouba, est non seulement habité par son art mais il incarne également une générosité immédiatement perceptible dans son rapport aux autres. Le musicien prend le temps de se mettre au diapason de son public. Une harmonie s’installe avec les enfants qui au fil du temps adoptent un nouveau comportement, un nouveau langage. Leur « maître de musique » parvient à les faire vibrer au propre comme au figuré aux travers de ses chansons et des sonorités de la calebasse et du djembé.

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Mélanie Delva et Mathieu Quertinmont accompagnent Babacar dans sa démarche. Co-animation rime avec co-création. Une séance de relaxation à hauteur d’enfant suffit parfois à ce que les ateliers soient vécus ensuite comme des moments d’introspection personnelle et collective. Avec la question de fond « qu’est-ce que se sentir chez soi ?», ici on investit dans la découverte de la singularité de chacun, dans ses propres capacités et dans celles des autres, notamment grâce à l’écoute et à la patience. Tout acte de co-création est en ce sens un levier idéal de par les essais-erreurs, râtés-réussites qu’il engendre. Le processus prime très clairement sur le résultat final, l’art servant de prétexte.

Implication, transmission, ouverture, adaptation ou encore acceptation, une somme « d’ingrédients » qui fait que la mayonnaise ne montera jamais de la même manière et n’aura jamais le même goût que la fois précédente. Babacar Diop avouant par ailleurs que ce projet lui permet de continuer à se découvrir grâce à son art mais surtout à travers les autres.

Les petites histoires faisant les grandes, on notera le soutien précieux de l’association belge Music Fund qui grâce à son prêt d’instruments a offert un confort de travail aux participants de l’atelier. Music Fund est né d’un partenariat entre Oxfam Solidarité et l’ensemble de musique classique contemporaine Ictus. Active dans la formation de réparateurs d’instruments et dans le prêt, Music Fund est active aussi bien au local qu’à l’international.

« Homelands, places of belonging« , un projet de co-création communautaire pour et par des artistes primo-arrivants initié par la International Yehudi Menuhin Foundation, sous la direction artistique de Sergio Roberto Gratteri.

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Recherches et premier jet : Beyna Masson, stagiaire communication et storytelling
Copywriting et texte : Jean-François Flamey / CCN
Images : captures d’écran et film : Hubert Amiel