Ian Dykmans (BE)

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Ian Dykmans
Vit et travaille à Bruxelles

Pratique :

Photographie argentique

Présentation :

Ian Dykmans a commencé la photographie en 2001, en suivant les cours des académies d’Ixelles et d’Anderlecht. Passionné de skateboard, il est invité à exposer ses photos à l’étranger (Marseille, Paris, Eindoven, Francfort, Malmö) lors d’évènements dédiés à la culture de cette pratique. En 2007, il commence à photographier les peintures murales de BONOM et l’accompagne lors de ses expéditions nocturnes. Cette collaboration débouchera sur l’exposition «BONOM, le singe Boiteux» à l’Iselp et sur la sortie du livre éponyme. Aujourd’hui, Ian coordonne le Photoclub du Centre Culturel Ten Weyngaert et développe son travail personnel avec, entre autres, sa compagne et muse Myriam Clericuzio.

Pour rentrer dans l’univers de Ian Dykmans, il faut comprendre en premier lieu sa relation intime avec l’erreur provoquée ou venant d’une maladresse initiale, une certaine fascination pour les coïncidences qui peuplent nos quotidiens. Pour suivre sa démarche, « sérendépityque » dirait les anglais, il faut avant toute autre considération s’intéresser à sa pratique et à sa méthode de fabrication des images ; une production centrée autour de la double injonction de l’événement et du corps : susciter ou accueillir l’inattendu d’un instant et, à travers la durée du laboratoire et de ses expérimentations, des tâtonnements et des tours de main successifs, contradictoires parfois, expulser une image complexe, imprédictible.

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Ian développe avec un révélateur « Lith », sorte d’infection virale de points noirs qui se multiplient sur des papiers vivants. Les photographies de Ian naissent d’un dialogue où se mêlent les voix superposées du produit chimique Lith, de vieux papiers récupérés dans les greniers de particuliers ou glanés au marché au puce (papiers démobilisés des circuits économiques et standardisés, papiers mémoire), les mains de Ian et les probables suspendus sur ses pellicules.

De cette difficile interaction, tohu bohu accompagné mais jamais circonscrit, Ian Dykmans génère non des images mais une manière d’habiter le monde. Il le dit à sa façon : « plus on enlève de la visibilité à l’image, plus on détériore sa lecture, plus elle semble habitée ». Son cheminement ne consiste donc pas en une capture de la réalité mais marque une volonté de l’apprivoiser en respectant sa complexité et sa nature mouvante : un flux qu’il faut s’abstenir de domestiquer sous peine de la dénaturer.

Sébastien Marando

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