Artistes en résidence : Just For The Record et Luiz Zanotello

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Namur, mercredi 6 juin 2018

Parmi les artistes qui entrent en résidence de création aux Abattoirs de Bomel en ce mois de juin, focus sur Just For The Record (FR/BE) et Luiz Zanotello (BR/DE). Ces artistes ont répondu à un appel lancé il y a quelques mois en vue de travailler autour de la question du design spéculatif, un programme proposé pour la deuxième année consécutive à Namur.
Présentation à travers leurs interviews.

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Le design spéculatif, aussi appelé design fiction ou design critique, est au cœur du nouveau programme de résidence belgo-allemand initié par le Goethe-Institut. Un programme qui s’adresse aux artistes émergents : à des étudiants, jeunes diplômés, jeunes artistes en art et/ou design ainsi que d’autres disciplines. Cette résidence permettra à un résident d’Allemagne et à un résident de Belgique de tester diverses nouvelles technologies, de créer des échanges et réseaux entre les deux pays, voire même de développer un projet commun.

 

 

Just for the record

Qu’est-ce qui vous intéresse dans le design et comment le concevez-vous ?

Nous adoptons une approche critique du design, nous le percevons comme une série de couches, de la forme perçue d’un objet (une interface, une surface) à ses mécanismes internes. Nous examinons comment les choses sont construites, assemblées et présentées afin de développer de nouvelles configurations et de nouveaux usages sur la base de cette compréhension.

En quoi consiste le projet que vous désirez développer à Namur ?

Dans notre collectif, nous étudions les partis pris dans la façon dont l’histoire est écrite, enregistrée et archivée, l’influence de ces préjugés sur les événements / les personnes qui sont représentés et sur la façon dont ils sont représentés. Ces deux dernières années, nous avons travaillé à des expériences d’écriture collective dans le cyberespace, à travers des plateformes en ligne comme Wikipédia, en adoptant une approche cyberféministe. Sur la base de ce travail, nous explorons désormais de nouveaux formats pour comprendre les croisements entre la dimension du genre et la façon dont l’histoire est écrite, racontée, dessinée, criée…

Le projet que nous allons développer à Namur vise à produire des objets physiques qui entrent en dialogue avec des éléments numériques en lien avec ces préoccupations. Nous nous intéressons à la manière dont nous pouvons rematérialiser et réincarner nos relations avec les technologies. En français, nous utilisons deux mots pour parler du même concept : « numérique », qui vient du mot « nombre », et « digital », qui vient du mot « doigt ». Nous aimerions observer comment nos doigts et notre corps guident notre relation avec la technologie et les objets de la connaissance ; comment l’espace et les objets influencent la façon dont nous accédons au contenu et le produisons ; quelles possibilités s’offrent à nous pour représenter une multitude de vérités et pas juste une facette de l’histoire ; ainsi que comment différentes versions et couches peuvent être rendues visibles.

Pourquoi avez-vous choisi la résidence à Namur et quelles sont vos attentes ?

La résidence nous donnera le temps et l’espace nécessaires pour réfléchir aux projets basés sur des événements que nous avons réalisés dans le passé, et pour matérialiser ces expériences dans des objets physiques. Elle nous donnera aussi l’occasion d’explorer une série de nouveaux matériaux, techniques et outils pour développer de nouveaux formats. Notre but est de travailler à plusieurs objets qui seront présentés dans une installation multimédia à la fin de la résidence.

La fiche artiste de Just For The Record.

 

Luiz Zanotello

Qu’est-ce qui vous intéresse dans le design et comment le concevez-vous ?

Dans ma recherche fondée sur la pratique sur les nouveaux médias et les croisements entre l’art et la technologie, je conçois souvent le design comme un processus relationnel visant à générer de nouveaux types de connaissances, mais aussi comme une méthode d’enquête matérielle et discursive expérimentale et comme un outil pour problématiser et envisager différents avenirs possibles. Ce qui m’intéresse, c’est la façon dont le design englobe différents récits et génère plusieurs éventualités systématiquement opaques et insondables. Les questions au centre de ma recherche axée sur la technologie sont : comment aborder, de manière critique, une réalité de plus en plus arbitrée par la technologie et où le design est de plus en plus omniprésent ? Quels sont les aspects narratifs, matériels et fondamentaux des nouvelles technologies qui sont souvent négligés ou mal conçus ?

En quoi consiste le projet que vous désirez développer à Namur ?

L’objectif initial est d’évaluer l’éventualité d’un événement à venir, une cassure entre l’intelligence artificielle et ses infrastructures. Le concept est né d’une contradiction contemporaine : alors que le front-end des progrès technologiques se heurte aux voix mystérieuses et abstraites d’une prétendue intelligence artificielle, son back-end génère et est confronté à de plus en plus d’aspects tangibles, tant sur la terre que dans ses strates sociales. Le projet vise donc à déterminer le moment auquel la pression interne entre les utopies technologiques et ses réalités matérielles concrètes se rencontreront et exploseront à l’unisson. À Namur, je mènerai des expériences pour rechercher, de manière tangible, les matérialités relatives à ce problème, afin de concevoir une nouvelle œuvre qui s’interroge sur cet événement à venir.

Pourquoi avez-vous choisi la résidence à Namur et quelles sont vos attentes ?

La spéculation est un aspect fondamental de ma pratique récente et de mes recherches théoriques. La résidence m’offrira le temps et l’espace nécessaires pour explorer davantage mon propre travail, ainsi que les ressources financières requises pour approfondir le sujet de mes recherches, à savoir le design, et pour aboutir à un résultat tangible. L’opportunité d’exposer mon travail et d’en discuter avec les partenaires de la résidence, à Namur, est passionnante et importante pour ma reconnaissance en tant qu’artiste en Europe.

La fiche artiste de Luiz Zanotello.

 

Nous allons bien-sûr suivre l’évolution de leurs recherches et en feront échos sur nos réseaux sociaux (Facebook et Instagram). Ces recherches vous serons par ailleurs présentées lors d’une conférence aux Abattoirs de Bomel :

QUAND Jeudi 28 juin 2018
HORAIRE
19h00
DUREE 2h00
Abattoirs de Bomel / Centre culturel de Namur
PUBLIC Tout public
TARIF Gratuit
INFO > programme de la soirée

 

En attendant cette soirée, un regard dans le rétroviseur avec ce reportage réalisé lors de la résidence précédente.

Ce programme est le fruit d’une collaboration entre le Goethe-Institut, le KIKK Festival, le hub créatif et Fab Lab TRAKK et le Centre cuturel de Namur.