Norbert Ghisoland (BE)

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NorbertGhisoland

ID :

Norbert Ghisoland
Né le 17 mars 1878 à La Bouverie
Décédé le 2 novembre 1939 à Frameries

Pratique :

Photographie

Présentation :

Le père de Norbert est mineur de fond, il met tout en œuvre pour que ses enfants connaissent un sort meilleur que le sien. Il destine son fils aîné au métier de photographe, et acquiert durement le matériel nécessaire. Mais ce fils meurt accidentellement. Norbert, fils cadet destiné à la menuiserie, hérite du matériel.
Il suit trois années d’apprentissage chez Galladé, photographe à Mons, et devient à son tour photographe. En 1902, il installe sa famille dans une maison à Frameries, à un jet de pierre de son lieu de naissance. Il y ouvre un magasin et un studio, et travaille à la chambre sous une verrière, en lumière naturelle. Sous son regard attentif et tendre, tout un peuple défile.

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Seuls ou en groupes, des dizaines de milliers de gens passent devant son objectif : des bourgeois, des mineurs, des militaires, des religieux, des sportifs, des gens de tous âges, des chiens parfois. Norbert dirige les poses, pour un portrait en pied ou pour une photographie d’identité, devant un décor en trompe-l’œil ou un fond blanc, avec une grâce infinie. Beaucoup de douceur et d’émotion. Ils sont assis ou debout, les mains entrecroisées ou sur l’épaule, les visages graves. Ils ne sourient pas. Ils viennent du Pays Noir. Durant ses 37 années de labeur, il réalise plus de 90.000 photographies sur plaques de verre.

Le 2 novembre 1939, tourmenté par les soubresauts de l’avant-guerre et inquiet de savoir son fils mobilisé, Norbert Ghisoland décède à l’âge de soixante et un ans. Il nous laisse, sur ses contemporains à l’époque des mines et du charbon, un témoignage exceptionnel et poignant.
En 1945, au retour de la guerre, Edmond, le fils de Norbert Ghisoland, reprend le studio. Depuis la mort d’Edmond, en 1969, Marc, le petit-fils de Norbert Ghisoland continue à travailler dans ce même studio.

Source : biographie officielle.

Reportage en 2011 sur Arte Belgique

En 2011, Christian Caujolle écrit dans la revue Internazionale : « (…) Les portraits de Ghisoland ont ceci de singulier qu’ils s’inscrivent dans le cadre d’un travail artisanal, commercial, professionnel sans prétention artistique et que, malgré tout, ils s’imposent à nous bien au delà des conventions de pose, de lumière et de dispositif récurrents dans le genre. Ici, ce qui nous frappe d’abord, ce sont les individus, une population qui n’a généralement pas sa place dans ce décor car elle appartient à un prolétariat qui prend maladroitement la pose, éprouve de la gêne, ne sourit pas, ou difficilement. La dureté de l’extérieur pénètre dans le studio. C’est dans les portraits d’identité que l’on note le plus fortement cette situation, cette douleur intérieure associée à une dignité. Il y a des gueules, incontestablement, des visages forts, mais il y a aussi, dans les regards, dans de légères crispations, du désarroi. Et c’est cela qui nous touche profondément. »

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