Philippe Hunt (BE)

Publié par:

philippe_hunt_c_marc_gysens

ID :

Philippe Hunt.
Né en 1952.
Vit et travaille à Bruxelles.

Pratique :

Professeur honoraire de littérature et de philosophie, Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles.

Présentation :

Né d’une mère bruxelloise (mais dont les ancêtres venaient de Gosselies et de Flémalle) et d’un père britannique qui se définissait comme gallois (non, surtout pas anglais), j’ai toujours été entre deux ou trois, puis plus de deux ou trois,  cultures — et une journée pas trop ratée, pour moi, c’est entre autres une journée où j’ai lu en plus de deux langues. La rencontre de l’autre, de l’autre culture, en particulier par des voyages en Amérique latine et par un séjour au Cambodge, m’a définitivement décalé par rapport à la petite Europe.
Après des études de philologie germanique puis de philosophie à l’ULB, où je m’étais particulièrement intéressé à des auteurs comme Virginia Woolf et Laurence Sterne, Paul Van Ostaijen et Hugo Claus, Peter Handke et Antonin Artaud, Jacques Derrida et Martin Heidegger, Jacques Lacan et Ludwig Wittgenstein (etc.), je suis parti faire une thèse de littérature comparée aux États-Unis, à Yale. Le décès de deux professeurs (Paul de Man, Emir Rodríguez Monegal), puis un long séjour au Cambodge, et cette thèse a bien failli ne jamais s’écrire : une telle entreprise paraissait vraiment trop futile.

 

PhilippeHunt_c-Daniel Locus

Photo © Daniel Locus

Retour en Belgique, en exil de mes deux exils, je me suis retrouvé enseignant presque par hasard dans deux institutions très différentes, une école de traducteurs et interprètes aujourd’hui absorbée par l’ULB, et aussi (surtout) l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Pendant presque 20 ans j’ai essayé de faire passer quelque chose des avant-gardes, de la théorie de la littérature (mes chers ‘formalistes russes’) et de la déconstruction (entre Derrida et De Man), de la multiplicité des langues et de l’intraduisible aussi. Mais surtout, me frottant à des centaines de jeunes plasticien.ne.s, m‘approchant de plus en plus de leur pratique, je me suis retrouvé embarqué par eux, avec eux, dans des expositions collectives où j’ai joué des rôles divers, parfois m’exposant à être exposé, mais surtout incitant, et rassemblant. C’est ainsi qu’est née une série d’expositions prenant pour (pré)texte un texte littéraire, ou tout l’œuvre d’un écrivain : Joyce (Ulysses) en juin 2013 (Bloomsday), puis Dylan Thomas, Virginia Woolf, Flann O’Brien — et Alfred Döblin (Berlin Alexanderplatz) en janvier 2018 — bientôt sans doute Fernando Pessoa, Daniil Harms, Hans Faverey ou France Daigle… Des expositions regroupant des étudiants et anciens étudiants, des collègues, d’autres amis.  J’étais “initiateur” de ces expositions, comme deux anciens étudiants et amis ont proposé de m’appeler.
C’est à ce titre sans doute que je me retrouve à Namur — mais qu’on ne s’y méprenne pas, jamais je ne serai “commissaire” (politique, priseur, de police) ni curateur (pas ici de malades, de sujets mineurs ou autres endettés). Tout au plus vais-je retenir du mot “commissaire”, de ses origines, ce sens très ancien du verbe latin mittere, “laisser aller, laisser partir, lâcher, lancer”. Tentant ici encore d’inciter, et de rassembler autour d’une question.  Des amis que j’ai connus à des moments divers, par des biais divers. De l’ancien condisciple de philosophie aux plus récents des anciens étudiants…