Cinq jours à suivre les photographes du festival Beautés Soniques

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Douceur, honnêteté, discrétion… et photographies. Durant 5 jours, nous avons arpenté l’envers du décor du festival Beautés Soniques (27 au 31 octobre 2016), nous nous sommes aventurés dans les méandres des instants captés, du temps figé. Nous avons découvert derrière chaque objectif, une personnalité à part entière, emplie de talent et de simplicité. A notre tour, muni de notre appareil photo, nous avons essayé de suspendre quelques secondes de leur temps pour ensuite, en ressortir divers portraits, fragments de ce qu’ils sont. Ecoute, échanges, rencontres humaines aussi surprenantes qu’enrichissantes.

Lors du festival Beautés Soniques, mettais-tu de côté ton rapport à l’image ? Ce rapport personnel que tu as dans ta pratique quotidienne ? Devais-tu avoir des images communes avec les autres ? Pour toi, était-ce positif ou plutôt négatif ?

Julien Peeters

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Mettre de côté mon rapport à l’image, je dirais oui et non. Je ne fais pas toujours ce que j’ai envie. C’est comme un mariage, tu ne peux pas commencer à partir en live et faire comme tu le sens. C’est la retranscription d’un moment, c’est une captation d’images, il y a une intention derrière, mais ça ne te prend pas non plus au tripes, c’est plus du corporate. Au niveau du traitement, des cadrages, je continue à les faire à ma façon.

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Avec la plupart des photographes de Beautés Soniques, on a une certaine concordance entre toutes nos photos, ce qui ne veut pas dire que l’on fait la même chose ! Et mises bout à bout, celles-ci se mixent assez bien, ce n’est pas de la photo plate ni de la photo de presse, il y a un travail, une recherche. Bosser sur ce festival permet des rencontres, mais aussi d’observer le travail des autres photographes et d’apprendre d’eux.

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Olivier Calicis

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Je ne suis pas d’accord, je pense qu’il y a moyen avec certaines contraintes, de faire passer la façon dont on capte l’image et ses spécificités. J’ai choisi d’être photographe, donc d’accepter d’avoir des contraintes entre une démarche purement artistique et le respect des objectifs donnés lors d’un travail.

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C’est un jeu intellectuel à faire en permanence. Lors de l’édition précédente de Beautés Soniques, j’avais décidé de ne travailler qu’en noir et blanc, c’était une manière de me créer une sorte de challenge.

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Sandra Eterovic

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Concernant mon rapport à l’image, je me situe entre les deux, entre le oui et le non, de un par la technique que j’emploie aujourd’hui et de deux par l’atmosphère et les goûts communs que l’on partage avec les autres photographes. Dans notre monde photographique, on se rejoint tous quelque part, au niveau du style, des goûts, et du rapport à l’image.

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Cela crée une complicité entre chaque photographe, qui se retrouve par envie et par plaisir. Et c’est ce plaisir qui me donne envie de partager, et faire partie de l’équipe Beautés Soniques. Lors des éditions précédentes, je faisais de la photo numérique, mais depuis deux ans, j’ai basculé vers l’argentique, donc d’une certaine manière, je m’extrais du groupe des photographes.

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Lionel Bouchat

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Je ne le perçois pas comme quelque chose de positif ou de négatif. C’est une façon de faire différente, c’est à dire quand tu photographies un type d’évènement, tu dois ressentir ce qu’il se passe autour de toi pour trouver quel style de photo tu feras. Quelque que soit l’évènement, c’est une mini analyse afin de savoir quel genre d’image les gens veulent voir.

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Ici, sur Beautés Soniques, qui est un festival namurois et intimiste. Intimiste, dans le sens où ça ne se passe pas dans de grandes salles, ce n’est pas des grosses jauges, on connait vite tout le monde, on revoit souvent les mêmes personnes. C’est parvenir à faire quelque chose de différent tout en restant dans l’optique des concerts, du public, beaucoup plus que dans d’autres festivals.

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Olivier Cellière

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Dans les précédentes réunions d’équipe, j’ai posé la question suivante : dans quel type de photo y a-t-il une ligne à respecter ? Et on pouvait rester assez libre. C’est certain que pour des photos de concert, on tombe vite dans de grands formats.

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Quand je suis photographe référent, je m’adapte, mais il y a toujours une influence personnelle sur les images. Lorsque je ne le suis pas, j’essaye d’autres types de photos et je fais un travail plus personnel.

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Elodie Grégoire

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Quand ce sont des photos pour des entreprises, il m’arrive de mettre mon rapport à l’image de côté. Mais sur le festival Beautés Soniques, pas du tout, au contraire. Il y a une dimension culturelle, il y a toute une équipe que je connais et qui connait mon travail. Je le prends comme un challenge. J’essaye de le faire avec mon coeur, je ne fais pas ça comme un boulot alimentaire. Une partie de mon travail, je le fais pour moi et je le ressortirai par après, car il faut dans un premier temps montrer d’autres images au public.

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Bien entendu c’est positif, car d’année en année, sur le festival, on prend de l’expérience, on ne se retrouve plus à 8 photographes sur le même évènement, mais à 2 ou 3 en fonction de l’ampleur de celui-ci. Ce n’est pas une compétition entre nous, c’est simplement parvenir à ne pas dépasser un nombre de photos trop élevées, à rester qualitatif et garder notre identité à travers les photos. On a quand même un petit fil conducteur, on cherche une certaine homogénéité, on arrive tous avec notre patte et on essaye que ça colle.

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Sophie Delapierre

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On a tous plus ou moins la même vision de la photo. On aime bien tous capter des ambiances différentes, en utilisant différents cadrages, des choses qu’on ne verra pas ailleurs et qui sortent des traditionnelles photos de festivals, de concerts. J’aime capter des images, du moins essayer de prendre ce que les autres ne verront pas forcément, comme lors d’un mariage ou d’un shooting photo grossesse / bébé.

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J’essaye toujours d’être discrète, de ne pas déranger les gens. Quand je fais d’autres festivals, mes photos sont beaucoup plus classiques. L’ambiance, la lumière, les gens de Beautés Soniques m’amènent à prendre des photos d’une manière plus particulière.

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Caroline Derselle

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Je ne me plie pas du tout à des désidératas, je vois Beautés Soniques comme un reportage. C’est d’ailleurs mon métier, je photographie des mariages. Dans l’équipe, on ne s’est jamais accordé pour décider quel type d’image il fallait faire, on utilise simplement un macaron avec notre nom, et on met notre personnalité à travers nos photos. Je n’essaye pas qu’il y ait une harmonie entre nous, c’est justement ça que je trouve intéressant, c’est que chacun ait son propre univers. Des images peuvent se ressembler, comme des photos de concert ressemblent souvent à des photos d’un autre concert.

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C’est en partie pour cela que je me mets sur les marchés (NDLR : marché vintage), j’ai fait énormément de photos de concert en son temps et ce n’est plus quelque chose que j’aime, je n’arrive plus à y insérer ma personnalité. Faire un reportage sur un concert est assez difficile, il faudrait suivre le groupe en question, aller dans les loges… Alors qu’un marché, c’est les gens, c’est un enfant qui est fasciné par quelque chose… Et là, j’arrive à y mettre ma patte.

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Gaetan Nadin

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Je pense qu’il y a réellement une cohérence avec les autres photographes. Vu que l’on se connait depuis des années, on sait tous plus ou moins comment chacun travaille. Au final, nous n’avons pas besoin de nous parler beaucoup, c’est cela qui fait que l’ensemble du travail n’est pas redondant, ça semble naturel et fluide. Sauf peut-être avec les personnes avec lesquelles on travaille le moins, on doit aller vers eux et leur expliquer ce que l’on compte faire.

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Sur Beautés Soniques, on a notre propre style, on sait quel travail on doit rendre. A un moment donné, plusieurs personnes voulaient centraliser les photos, c’est à dire qu’une seule personne retoucherait toutes les photos, c’est impossible, ce n’est pas jouable car on a tous notre personnalité. Par rapport à nos forces et à nos défauts, Elodie Grégoire a su nous positionner à certains endroits et chacun savait ce qu’il voulait faire en priorité. Si on avait tous le même style, ce serait chiant !

 

Portraits photos et ITV : Marie Belot / CCNamur

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Retrouvez les reportages des photographes > ici
Le site du festival : Beautés Soniques
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Beautés Soniques, une proposition du Centre culturel de Namur, Roots, Court Circuit, La Province de Namur, PointCulture, Les Jeunesses Musicales de Namur, Namur du Son, Crab Boogie, Le Théâtre Jardin Passion, le Belvédère, le Caméo, Drash, Namur Roller Girls, Wal Style, la RUN
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