Travail autour du spectacle Zazie & Max

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Les jeudi 10 et vendredi 11 mars dernier, nous avons accueilli aux Abattoirs de Bomel le spectacle ZAZIE & MAX pour 3 représentations… un peu particulières.

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Ce spectacle jeune public de marionnettes de la Compagnie 36 37,  créé il y a 7 ans avec l’aide de la coopération au développement belge, d’Ile de Paix et le soutien du Théâtre des 4 mains, était non seulement proposé à 200 enfants du primaire mais aussi à quelque 100 jeunes étudiants de 18 à 22 ans.

Ces jeunes – 25 futurs éducateurs(trices)  et 73 futurs instituteurs (trices) ont également été invité à des rencontres avant et après la représentation afin d’être sensibilisés à quelques notions-clefs.

Ces périodes d’animation « Premiers pas de spectateur » et « La clé des genres » étaient proposées par Ariel Harcq du Centre culturel de Namur, Isabelle Authom du Théâtre des Zygomars, Julie Bierlaire et Sophie Gérard du CAL Namur.

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Avant le spectacle, les jeunes ont donc été invités à découvrir à quel point le spectacle vivant peut-être un lieu permettant aux enfants quels qu’ils soient, aux adultes et aux personnes âgées de grandir et/ou de s’épanouir au mieux.

Nous avons ensuite rejoint les enfants pour assister à la représentation.

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Zazie et Max … tout un programme.
La vision du monde de Max est bouleversée par l’arrivée de Zazie, nouvelle élève dans sa classe. Jusqu’à ce jour, il pensait que toutes les espèces du monde étaient divisées en deux catégories, les « avec zizi » et les « sans zizi ». Mais Zazie présente toutes les caractéristiques d’un « avec » : elle est forte au foot, dessine des mammouths, monte mieux qu’un garçon dans les arbres… ce qui ne manque pas d’intriguer Max… Sa curiosité les entraine dans une série de situations cocasses qui leur mettent la tête à l’envers et secouent les idées reçues. Une fable optimiste en 3 tableaux pour comédiennes et marionnettes.
« Un spectacle de marionnettes plein d’humour et de tendresse qui botte les fesses aux clichés, mêle jeu d’acteur et la manipulation et file un coup de jeune à celle-ci parvenant à donner à leur personnage une gestuelle résolument actuelle »  Le Soir d’après Thierry Lenain

Le spectacle, qui durait 50 minutes, a été  suivi d’une rencontre avec les comédiennes – Coralie Vanderlinden  et Agathe Bouvet  d’un quart d’heure environ avec les élèves de primaire. Les futurs éduc et instit y assistaient aussi et ont ainsi pu « vivre » en direct tout ce qu’une proposition théâtrale pouvaient susciter comme réflexions et questionnements des enfants et de leurs professeurs.

Après le départ des petits, les artistes ont poursuivi la rencontre, cette fois avec les étudiants. Voici quelques questions qui ont été abordées :

1. Quelles sont les relations souhaitables entre garçons et filles ? Souhaite-t-on promouvoir l’impossible similarité, la complémentarité (porte ouverte à des rapports inégalitaires) ou l’égalité de droits (mais qu’est-ce que cela signifie, concrètement ?) ? Au-delà de l’axe « genre », qu’est-ce que l’école peut réellement mettre en place pour que la diversité soit réellement une source d’épanouissement pour tous, dans les faits et pas seulement dans les discours ?
2. Comment sensibiliser mes futurs élèves aux stéréotypes qui touchent, en général, les garçons et les filles ? Faut-il éviter le conflit de loyauté si les parents véhiculent ces stéréotypes ? Et si oui, comment ?
3. À quelles discriminations entre garçons et filles est-ce que je risque d’être confronté dans l’exercice de mon métier d’enseignant ? Comment y réagir ?
4. Comment s’y prend-on pour enseigner les valeurs (savoir-être) en classe ? L’école doit-elle être prescriptrice de valeurs ou doit-elle seulement donner aux élèves le sens du discernement et les moyens de définir eux-mêmes, librement, celles auxquelles ils adhèrent ?
5. En quoi le théâtre ou d’autres techniques d’expression sont-ils des outils pédagogiques intéressants pour un enseignant (en différenciant selon que l’élève est acteur ou spectateur) ?
6. Nous voici dans un centre culturel. En quoi un outil tel que celui-ci peut-il être partenaire de l’école dans sa mission éducative ?

Après le repas de midi, « La clé des genres » … les étudiants et leur professeur ont rejoint l’atelier pour, à partir d’un quizz et de vignettes projetées (publicités, catalogues, photos) ,  aborder et débattre avec les animatrices du CAL et des Zygomars des questions d’identité, de préjugé, de sexe, de stéréotype, d’orientation sexuelle et de discrimination.

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Nous avons également profité de ces journées pour transmettre des outils d’animation,  des « bonnes adresses et des partenaires potentiels qui pourront les aider dans leur futur métier.

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Deux journées passionnantes d’échanges dont il nous fallait  parler.

La programmation jeune public scolaire est régulièrement ouverte aux étudiants qui seront susceptibles, dans leur vie professionnelle, d’accompagner, souvent pour la première fois, des enfants au spectacle. Si le partenariat Centre culturel de Namur et Théâtre des Zygomars existe depuis quelques années déjà et s’adresse aux futures puéricultrices et enseignants, il s’étoffe grâce à de nouvelles rencontres  comme avec l’ONE  ou le CAL.

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N’hésitez-pas à contacter ces associations si vous aussi vous êtes tenté par l’expérience.

Texte : Isabelle Authom, Théâtre des Zygomars
Photos : Jean-François Flamey / CCNamur

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